LE LABYRINTHE : GRAVURES ET ENLUMINURES





Toutes les gravures sont de Sébastien Leclerc, les enluminures de Jacques Bailly.
BMV - Petit Palais - Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris

L'ENTREE DU LABYRINTHE









Jean Baptiste TUBY/MR


Pierre LEGROS/MR







I. LE DUC ET LES OISEAUX

Un  grand demi-dôme de treillage, orné d'architecture, est en dedans rempli de toutes sortes d'oiseaux perchés sur des branches, qui jettent de l'eau en mille manières différentes sur le duc qui es en bas au milieu d'un bassin de rocaille.
Les oiseaux paraissent tous animés de colère et le pauvre duc semble tout honteux de sa disgrâce.

 Isaac de Benserade :

Les oiseaux en plein jour voyant le duc paraître
Sui lui fondirent tous à son hideux aspect.
Quelque parfait qu'on puisse être,
Qui n'a pas son coup de bec ?







II. LES COQS ET LA PERDRIX

On voit une perdrix sur un petit rocher de rocaille, qui jette de l'eau en l'air ; et aux deux cotés, sur deux petits rochers plus élevés, deux coqs vomissent l'eau dans un bassin.  

Isaac de Benserade :

La perdrix bien battue eut un dépit extrême
Que les coqs peu galants la traitassent ainsi :
Depuis, voyant qu'entre eux ils en usaient de même,
Patience, se dit-elle, ils se battent aussi.








III. LE COQ ET LE RENARD

 Le coq sur un haut pilier de rocaille et de verdure, vomit de l'eau contre le renard, qui, en bas, de dépit, jette de l'eau contre le coq.

Isaac de Benserade :

Le renard dit au coq : une paix éternelle
Est conclue entre nous, descends : Oui, deux lévriers
Viennent, répond le coq, m'en dire la nouvelle ;
Le renard n'osa pas attendre les courriers.


     





IV. LE COQ ET LE DIAMANT 

Au milieu d'un bassin, le coq qui tient sous sa patte un gros morceau de cristal taillé en diamant, jetant un long trait d'eau en l'air semble se plaindre au ciel de n'avoir pas plutôt trouvé un grain d'orge.


Isaac de Benserade :

Le coq sur un fumier grattait, lorsqu'à ses yeux
Parut un diamant : Hélas, dit-il, qu'en faire ?
Moi qui ne suis point lapidaire,
Un grain d'orge me convient mieux.








V. LE CHAT PENDU ET LES RATS

Le chat pendu sur le haut d'une espèce d'amortissement de rocaille, vomit de l'eau dans un bassin ; les rats autour jettent de l'eau contre lui, sans oser l'aborder.


Isaac de Benserade :

Un chat faisait le mort, et prit beaucoup de rats,
Puis il s'enfarina pour déguiser sa mine :
Quand même tu serais le sac à la farine,
Dit un des plus rusés, je n'approcherais pas.








VI. L'AIGLE ET LE RENARD

Un tronc d'arbre parfaitement bien imité porte un bassin de bronze doré, autour duquel sont les aiglons : le renard au pied du tronc tient un flambeau allumé dans sa gueule, et du milieu du bassin, il sort un jet.


Isaac de Benserade :

Compères et voisins assez mal assortis,
A la tentation tous deux ils succombèrent,
Car l'aigle du renard enleva les petits,
Et le renard mangea les aiglons qui tombèrent.








VII. LES PAONS ET LE GEAI

Des deux cotés d'un grand bassin, huit paons placés sur de petits rochers plus élevés les uns que les autres vomissent de l'eau sur le geai.
Au fond, sur un autre rocher plus élevé, un paon, la queue épanouie, jette de l'eau, qui tombe par nappes en cascades dans le bassin.
Au milieu de toute cette chute d'eau, on voit le pauvre geai tout dépouillé.


Isaac de Benserade :

Oses-tu bien cacher tes plumes sous les nôtres,
Dirent les paons au geai rempli d'ambition.
Qui s'élève au-dessus de sa condition,
Se trouve bien souvent plus bas que tous les autres.


  





VIII. LE COQ ET LE COQ D'INDE

Le coq d'Inde faisant la roue et le coq animé de colère forment deux gros jets au milieu du bassin.


Isaac de Benserade :

Du coq d'Inde le coq fut jaloux et crut bien
Qu'il était son rival, mais il n'en était rien ;
Car il faisait la roue, et libre et sans affaire,
Pour avoir seulement le plaisir de la faire.


Pierre MAZELINE/MV

Pierre MAZELINE/MV
  








 IX. LE PAON ET LA PIE

Plusieurs oiseaux des plus rares sont placés sur un amphithéâtre de rocaille et jettent de l'eau. Au fond est le paon jetant de l'eau, qui tombe par nappes en cascade dans le bassin.
La pie sur un petit rocher semble plaiser sa cause et jette de l'eau contre le paon.


Isaac de benserade :

Le paon est élu roi comme un fort bel oiseau,
La pie en murmure et s'irrite
Qu'on ait peu d'égard au mérite.
Est-il sûr qu'on soit bon parce que l'on est beau ?








X. LE SERPENT ET LA LIME

Une espèce de rocher sauvage représente l'antre du dragon qui mordant l'enclume vomit dessus un torrent d'eau.


Isaac de Benserade :

Le serpent rongeait la lime,
Elle disait cependant,
Quelle fureur vous anime,
Vous qui passez pour prudent.








XI. LE SINGE ET SES PETITS

Trois singes adossées soutiennent une coquille ronde bronze doré, sur le milieu de laquelle un signe étreint dans ses bras un de ses petits, qui jette un long trait d'eau en l'air.


Isaac de Benserade :

Le singe fit mourir ses petits en effet,
Les serrant dans ses bras d'une étreinte maudite.
A force d'applaudir soi-même à ce qu'on fait,
L'on en étouffe le mérite.



Etienne et Jacques BLANCHARD/MV




 
  





XII. LE COMBAT DES ANIMAUX

 Cette fontaine est dans un grand cabinet de treillage de fer et de bois, couvert de chèvrefeuille, de roses et d'autres fleurs.
La corniche et la voûte de ce cabinet sont pleines d'oiseaux de toutes les espèces, qui vomissent de l'eau en bas dans un bassin de rocaille, du milieu duquel s'élève un rocher ; et le long de ce rocher on voit monter plusieurs animaux à quatre pieds, qui jettent de l'eau contre les oiseaux.
Mais ce qu'il y a surtout d'admirable, c'est le nombre infini d'animaux tous en différente attitude, et les uns et les autres paraissent en colère et animés au combat.


Isaac de Benserade :

Guerre des deux cotés sanglante et meurtrière,
Dont pas un ne voulut avoir le démenti,
Mais la chauve-souris trahissant son parti,
N'osa jamais depuis regarder la lumière.


Pierre LEGROS-Benoit MASSON/MV

Pierre LEGROS-Benoit MASSON/MV









XIII. LE RENARD ET LA GRUE

Sur un petit rocher de rocaille on voit le renard et la grue. Le renard a le museau sur une soucoupe de vermeil doré, où l'eau forme une nappe, et la grue fait un jet en l'air.


Isaac de Benserade :

Le renard voulut faire à la grue un festin,
Le diner fut servi sur une plate assiette ;
Il mangea tout, chez lui comme ailleurs le plus fin,
Elle de son long bec attrapa quelque miette.









XIV. LA GRUE ET LE RENARD

Sur un petit rocher, la cigogne a son bec dans un vase de cristal que forme l'eau, et qui est garni de vermeil doré.
Le renard auprès jette de l'eau.


Isaac de Benserade :

Le renard chez la grue alla pareillement,
Un vase étroit et long fut mis sur une nappe blanche,
De la langue le bec se vengea pleinement.
Est-il pas naturel de prendre sa revanche ?








XV. LA POULE ET LES POUSSINS

Dans un demi-dôme de treillage doré orné d'architecture, on voit les poules qui jettent de l'eau. Les petits sont enfermés dans une cage qui est formée par l'eau même, à travers laquelle on les voit.
Le milan vomit de l'eau d'en haut, où il parait les ailes étendues.


Isaac de Benserade :

Le poule du milan connaissant les desseins,
Sans songer qu'elle-même en était poursuivie,
Dans une cage enferma ses poussins,
Et les mit en prison pour leur sauver la vie.





  



XVI. LE PAON ET LE ROSSIGNOL

Le paon, la queue épanouie, élevé sur un petit rocher, vomit de l'eau dans un bassin. Plusieurs rossignols en bas forment des jets en l'air.


Isaac de Benserade :

Le paon dit à Junon : Par ton divin pouvoir,
Comme le rossignol, que n'ai-je la voix belle ?
N'es-tu pas des oiseaux le plus beau lui dit-elle?
Crois-tu que dans ce monde on puisse tout avoir ?


Jean Baptiste  TUBY/MV









XVII. LE PERROQUET ET LE SINGE

Deux perroquets élevés sur de petits rochers vomissent de l'eau en bas dans un bassin. Le singe assis sur un tronc d'arbre, désespéré de se voir embarrassé dans une chemise, lève la tête et forme un gros jet.


Isaac de Benserade :

Le perroquet eut beau par son caquet
Imiter l'homme, il fut un perroquet,
Et s'habillant en homme, sous le linge
Le singe aussi ne passa que pour singe.


Pierre MAZELINE/MV



Pierre MAZELINE/MV

Pierre MAZELINE/MV

Pierre MAZELINE/MV
  


  





XVIII. LE SINGE NU

D'un coté du bassin sont les renards, et de l'autre les loups qui jettent de l'eau. Au fond, dans un fauteuil de rocaille, un gros singe gravement assis et accoudé vomit de l'eau.
A ses deux cotéss sont deux singes, l'un la baguette à la main en forme d'huissier, l'autre écrivant comme un greffier, jettent de l'eau et rendent cette fontaine fort divertissante.


Isaac de Benserade :

Le renard en procès vint le loup attaquer,
Le singe comme juge écouta leurs requêtes ;
Après il dit : Je ne saurais manquer
En condamnant deux si méchantes bêtes.



  





XIX. LE RAT ET LA GRENOUILLE

Le rat et la grenouille liés ensemble et couchés dans le bassin font chacun un jet. Le milan, en haut, les ailes étendues, vomit de l'eau sur eux.     


Isaac de Benserade :

Le rat et la grenouille auprès d'un marécage
S'entretenaient en leur langage,
Le milan fond sur eux,
Et les mange tous deux.


  






XX. LE LIEVRE ET LA TORTUE

Le lièvre et la tortue jettent tous deux de l'eau en l'air, et il sort un torrentd'eau d'un rocher de rocaille, qui semble être le terme de la course qu'ils ont entreprise.


Isaac de Benserade :

Le lièvre et la tortue allaient pour leur profit :
Qui croirait que le lièvre eût demeuré derrière ?
Cependant je ne sais comment cela se fit,
Mais enfin la tortue arriva la première.








XXI. LE LOUP ET LA GRUE

Dans un rond d'eau, au milieu d'une allée, on voit le loup et la grue.
La grue a son bec dans la gueule du loup, qui jette de l'eau en l'air avec abondance.


Issac de Benserade :

La grue ayant tiré de la gorge du loup
Un os de son long bec qui le pressait beaucoup :
Il n'a tenu qu'à moi de vous manger, commère,
Lui dit le loup ingrat, et c'est votre salaire.








XXII. LE MILAN ET LES OISEAUX

Dans un bassin ovale, sur un petit rocher, est le milan, qui jette de l'eau en l'air : plusieurs différents petits oiseaux autour de lui forment une espèce de gerbe.


Isaac de Benserade :

Le milan une fois voulut payer sa fête.
Tous les petits oiseaux par lui priés ;
Et comme à bien dîner l'assistance était prête,
Il ne fit qu'un repas de tous les conviés.








XXIII. LE SINGE ROI

Au milieu d'une espèce de cabinet de verdure est un bassin tout entouré de divers animaux qui jettent de l'eau.
le singe au milieu assis paraît se jouer avec la couronne et fait un long jet en l'air. Le renard à son coté semble se moquer de lui.


Isaac de Benserade :

Le singe fut fait roi des autres animaux,
Parce que devant eux il faisait mille sauts ;
Il donna dans le piège ainsi qu'une autre bête,
Et le renard lui dit : Sire, il faut de la tête.


Pierre MAZELINE/MV

Pierre MAZELINE/MV









XXIV. LE RENARD ET LE BOUC

On voit un puits de rocaille, duquel sort une grosse nappe d'eau.
Le bouc montre plaisamment la tête et semble se plaindre du renard, qui hors du puits vomit encore de l'eau sur lui, pour l'insulter.


Isaac de Benserade :

Tous deux au fond d'un puits, taciturnes et mornes,
De s'assister l'un l'autre avaient pris le parti :
Le renard pour sortir se haussant sur ses cornes,
Fit les cornes au bouc après qu'il fut sorti.








XXV. LE CONSEIL DES RATS

Autour d'un petit bassin hexagone sont plusieurs rats assis, comme pour tenir conseil, qui jettent de l'eau en l'air. Un plus gros que les autres, au milieu du bassin, tenant un grelot dans sa patte, forme aussi un gros jet.


Isaac de Benserade :

Le chat étant des rats l'adversaire implacable,
Pour s'en donner de garde, un d'entre eux proposa
De lui mettre un grelot au cou, nul ne l'osa :
De quoi sert un conseil qui n'est point praticable ?








XXVI. LES GRENOUILLES ET JUPITER

Sur le derrière est la grue, qui tient une grenouille dans son bec.
Plusieurs grenouilles sur une petite poutre de bronze semblent, en se jetant de l'eau, demander un autre roi.


Isaac de Benserade :

Une poutre pour roi faisait peu de besogne,
Les grenouilles tout haut en murmuraient déjà :
Jupiter à sa place y mit une cigogne ;
Ce fut encore pis, car elle  les mangea.






Il n'existe pas d'enluminure de Jacques Bailly pour cette  gravure.


XXVII. LE SINGE ET LE CHAT

Sur une coquille de bronze doré porté par des espèces de consoles de même métal, parait un brasier, duquel sort un gros jet.
Le singe, en riant, tire sa patte au chat, qui semble s'en défendre.


Isaac de Benserade :

Du singe ici l'adresse éclate,
Mais celle du chat paraît peu,
Quand il donne à l'autre sa patte
pour tirer les marrons du feu.


  





XXVIII. LE RENARD ET LES RAISINS

D'une treille qui entoure une sorte de grotte rustique à jour, il pend de belles grappes de raisin. Plusieurs renards, en diverses postures, jettent de l'eau ; et du fond et des cotés de cette gotte, il sort des jets, dont l'eau forme des nappes, qui retombent ensuite dans le bassin.

Isaac de Benserade :

Les plaisirs coûtent cher, et qui les a tout purs ?
De gros raisins pendaient, ils étaient beaux à peindre,
Et le renard n'y pouvant plus atteindre,
Ils ne sont pas, dit-il, encore mûrs.








XXIX. L'AIGLE, LE LAPIN ET L'ESCARBOT

L'aigle est élevé sur un petit rocher et vomit de l'eau par son bec. 
Le lapin et l'escarbot en bas forment deux jets.


Isaac de Benserade :

L'aigle prit le lapin, l'escarbot son compère
Intercéda pour lui touché de sa misère,
L'aigle ne laissa pas pourtant de le manger,
L'autre cassa ses oeufs, afin de s'en venger.   








XXX. LE LOUP ET LE PORC-EPIC

C'est une manière de grotte rustique, où, dans les niches à jour, il y a des porcs-épics, dont les piquants sont ingénieusement formés par l'eau. Aux deux cotés on voit des loups qui vomissent de l'eau dans le bassin.


Isaac de Benserade :

Un jour au porc-épic disait le loup subtil :
Croyez-moi, quittez là ces piquants, ils vous rendent
Désagréable et laid. - Dieu m'en garde, dit-il,
S'ils ne me parent pas, au moins ils me défendent.      








XXXI. LE SERPENT A PLUSIEURS TÊTES

Le serpent à plusieurs têtes est au milieu d'un bassin. Chaque tête forme un jet d'eau. Celui à plusieurs queues plus élevé fait un gros jet en l'air.


Isaac de Benserade :

Pluralité de têtes importune,
Un serpent en eut sept, un autre n'en eut qu'une,
Il passa, le premier eut de grands embarras :
Un chef est absolu, plusieurs ne le sont pas.


Pierre MAZELINE/MV

Pierre MAZELINE/MV

Pierre MAZELINE/MV

Pierre MAZELINE/MV









XXXII. LA SOURIS, LE CHAT ET LE PETIT COQ

Le petit coq au milieu, le chat et la souris aux deux cotés forment trois jets.


Isaac de Benserade :

A la vieille souris disait la jeune fille,
Je hais le petit coq, j'aime le petit chat,
Le chat, répond la mère, ah ! c'est un scélérat,
Mais le coq n'a point fait de mal à ta famille.








XXXIII. LE MILAN ET LES COLOMBES

Dans un cabinet de treillage orné d'architecture, est un bassin rond, au milieu duquel le milan avec des colombes qu'il tient sous ses serres forment une espèce de gerbe tout autour de la corniche du cabinet. Il y a plusieurs autres colombes qui jettent de longs traits d'eau dans le bassin ; et l'épervier paraît en l'air, comme pour les défendre.


Isaac de Benserade :

Les colombes en guerre avec le milan
Veulent que l'épervier à leur tête demeure,
Mais leur condition n'en devient pas meilleure,
Ayant un adversaire, et de plus un tyran.








XXXIV. LE DAUPHIN ET LE SINGE

Au milieu d'un bassin carré le singe transi de peur est monté sur le dauphin, qui forme un beau jet.


Isaac de Benserade :

Le dauphin sur son dos portait le singe à nage,
Et reconnut au premier mot,
Qu'il n'était pas un homme, ou que c'était un sot,
Ainsi ne voulut pas s'en charger davantage.








XXXV. LE RENARD ET LE CORBEAU

Le corbeau perché sur des branches vomit de colère de l'eau contre le renard, qui tenant le fromage semble, en jetant de l'eau, se moquer de lui.


Isaac de Benserade : 

Le renard du corbeau loua tant le ramage,
Et trouva que sa voix avait un son si beau,
Qu'enfin il fit chanter le malheureux corbeau
Qui de son bec ouvert laissa choir un fromage.








XXXVI. LE CYGNE ET LA GRUE

Du bec du cygne et de celui de la grue, il sort deux beaux jets d'eau.


Isaac de Benserade :

La grue interrogeait le cygne dont le chant
Bien plus qu'à l'ordinaire était doux et touchant :
Quelle bonne nouvelle avez-vous donc reçue ?
C'est que je vais mourir, dit le cygne à la grue.


Pierre MAZELINE/MV

Pierre MAZELINE/MV

Pierre MAZELINE/MV









XXXVII. LE LOUP ET LA TÊTE

Un milieu d'un bassin rond, le loup tenant une tête de marbre sous sa patte forme un gros jet d'eau.


 Isaac de Benserade :

Un loup non sans merveille entra chez un sculpteur,
Il n'y va pas souvent une pareille bête ;
Voyant une stature, il dit : la belle tête !
Mais pour de la cervelle au dedans, serviteur.








XXXVIII. LE SERPENT ET LE PORC-EPIC

 Le porc-épic, à l'entrée d'un petit rocher en manière de caverne, jette de l'eau par tous les endroits de son corps, ce qui imite très bien ses piquants ; et le serpent, au milieu d'un bassin, fait un jet d'eau.


Isaac de Benserade :

Le serpent trop civil par une grâce extrême,
Reçoit le porc-épic, après il s'en repent.
Sortez d'ici, dit le serpent ;
L'autre comme un ingrat : Sortez d'ici vous-même.








XXXIX. LES CANNES ET LE BARBET

Dans un cabinet de treillage orné d'architecture, plusieurs cannes, en tournant avec rapidité au milieu d'un bassin, jettent de l'eau en l'air ; et on entend le petit barbet, qui aboie après, en les suivant.


Isaac de Benserade :

Ce barbet en veut à ses cannes,
Mais par elles il est instruit
Qu'il est parfois des voeux aussi vains que profanes,
Et qu'on ne force pas toujours ce qu'on poursuit.





       
                                  

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